Evolution des tenons fibrés

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Fracture de la
racine
Descellement et
fracture du tenon
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Porosités métalliques,
rupture en fatigue
Instrumentation canalaire
liée à l'utilisation de
tenons en métal coulé
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Tenon surdimensionné
sur alésage
Tenon cylindrique
sur alésage
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Délaminage Résistance insuffisante
de matériau FRC
Evolutions des tenons fibrés en dentisterie

L'histoire des tenons fibrés manufacturés en dentisterie a connu une évolution constante aussi bien au niveau des matériaux utilisés que de la géométrie du tenon lui-même.


Les premiers essais avec des tenons préfabriqués ont été à l'origine de fractures radiculaires car ils étaient des répliques des reconstitutions corono radiculaires coulées et étaient souvent équipés de moyens de rétentions agressifs dans leur partie canalaire. Ces moyens de rétentions tels que des spires de vis quelquefois très aigus devenaient le lieu de concentrations de contraintes lorsque des forces masticatoires étaient appliquées, causant des fractures de la racine dentaire.


Ce concept a mené au développement de tenons cylindriques utilisés pendant des décennies. Le parallélisme des parois évitait l'effet d'arête et a produit des résultats statistiquement plus satisfaisants. Cependant, l'insertion de tenons cylindriques produit deux effets indésirables: une réduction dentinaire peu souhaitable dans la partie apicale qui fragilise cette zone avec des risques non négligeables de perforations latérales. Si un tenon de section inférieure est choisi, la parite coronaire du canal est alors remplie de ciment, fragilisant la construction.


De nombreuses formes de tenons ont alors été introduites sur le marché, mais certains chercheurs plus ingénieux se sont alors tournés vers une autre technologie, les composites à renfort de fibres.


Le premier tenon décrit par le Lyonnais Jean BARBE en 1985 a été à l'origine des premiers tenons fibrés en carbone Epoxy: de couleur noire et avec une géométrie en cylindre à étage, ils ont été adoptés par une partie notoire du monde de la dentisterie. Néanmoins, la résection dentinaire demeurait un handicap. Des tenons de forme ISO ont alors été introduits avec une conicité constante sur toute la longueur à 2%, constituant une étape vers une meilleure adaptation canalaire et la double conicité. Notons quand même qu'Auguste MAILLEFER avait déjà décrit en 1987 la forme à double conicité.


Quelque soit la forme des premiers tenons fibrés, ils avaient un handicap important, ils étaient radio-clairs et ne pouvaient donc pas être repérés in situ. Par exemple les tenons en carbone Epoxy pouvaient laisser croire à une logette vide dans la dent. De plus, leur couleur noire était aussi défavorable en dentisterie esthétique.


Si le succès des premiers tenons fibrés fut certain, il a conduit à une certaine prolifération de l'offre alors que tous les matériaux fibrés et toutes les formes ne sont pas identiques.


En ce qui concerne la forme du tenon, il est admis dans la littérature que 2mm de tissus dentinaire coronaire résiduel est nécessaire pour créer un effet de ferrule. D'autre part, une forte réduction des tissus dentinaires canalaires doit être évitée, et l'alésage doit être le moins agressif possible. Des études ont démontré que la dent reste plus résistante lorsque la section coronaire du tenon est plus importante, notamment lors de tests de fatigue.
C'est ainsi que la forme à double conicité répond de façon pertinente à ces prescriptions.


La pose d'un tenon fibré est devenu un acte quotidien et il est donc important de garder en mémoire que c'est la forme et la qualité du matériau utilisé qui vont produire le résultat favorable attendu.